Pour la solidarité, Contre L'exclusion

Ensemble ! n°118

CPAS : disposition au travail à tout prix ? - décembre 2025

Dans ce numéro, vous pourrez lire :

Une étude d’Yves Martens (CSCE) consacrée à l’histoire de la « disposition au travail » exigée des personnes les plus démunies. À travers plus de quinze siècles d’histoire, elle examine comment s’est construite et transformée la distinction entre les personnes considérées comme légitimement empêchées de travailler et celles soupçonnées de ne pas vouloir travailler alors qu’elles en seraient capables.

Cette plongée historique met en évidence à la fois de fortes continuités et d’importantes ruptures. Les formes de mise au travail, les motifs permettant d’en être dispensé, la définition du travail jugé acceptable ainsi que le partage des responsabilités entre l’individu, la famille et la collectivité ont profondément varié selon les époques.

L’étude montre ainsi que la disposition au travail n’est ni une donnée naturelle ni une exigence intemporelle. Son contenu, ses justifications et ses effets dépendent des rapports sociaux, des conceptions de la solidarité et des choix politiques qui organisent l’aide aux personnes privées de travail et de ressources.

 

CPAS : disposition au travail à tout prix ?

La disposition au travail est, depuis très longtemps, le critère principal qui distingue les « bons » pauvres des « mauvais » pauvres, ces derniers étant ceux qui refusent de travailler alors même que rien ne les en empêche. A chaque mesure d’exclusion du chômage, le sujet refait surface avec une acuité particulière.

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A Bruxelles (Ville), une sorte de « fusion » est très tôt effectuée pour que bureau de Bienfaisance et Hospices civilsrelèvent d’uneseule et même commission : le Conseil général pour l’Administration desHospices et Secours. Crédit : Archives du CPAS de Bruxelles, fonds iconographique, grand format n°63, Séance du Conseil des Hospices présidée par le Bourgmestre Jules Anspach, 1864, 43 x 55 cm.

La Révolution industrielle : le travail qui rend pauvre

Au XIXe, le développement considérable du travail ouvrier dans les mines et les usines, travail pénible, dangereux et mal payé va engendrer de la pauvreté au sein de la classe ouvrière, pourtant active, au point d’en faire pour une grande part des demandeurs obligés d’aide sociale.

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Intervention des chasseurs à pied contre les manifestants à Roux (auteur inconnu).La révolte ouvrière qui s’étend à l’ensemble du pays wallon au printemps 1886 connaît une journée particulière le 27 mars : alors que 9.000 soldats sont arrivés à Charleroi par trains spéciaux, une fusillade éclate à Roux, provoquant au moins 12 morts et 12 blessés.

La fin du XIXe : le chemin vers les droits

Progressivement, le pouvoir politique va devoir intervenir pour améliorer la situation des travailleurs. Les indigents eux restent largement maltraités, même si des progrès interviennent dans la prise en charge de ceux qui sont malades.

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